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La
Gazette du Maroc
02 décembre 2002
N° : 292
Rubrique : Enquete
Par : MAR BASSINE NDIYANE
L'administration
pionnière dans l'e-commerce
Le
Maroc est traditionnellement un pays de paradoxes. Dans le modernisme,
il ne compte pas troquer cette réputation. Si ailleurs
dans le monde , ce sont les entreprises qui mènent la danse
en matière de commerce électronique, ici c'est plutôt
l'administration qui en est la tête de proue.
Quelques
mois après le démarrage effectif de son activité,
Maroc Telecommerce (MTC) affiche une mine confiante. '' D'ici
la fin de l'année 2003, nous comptons atteindre notre vitesse
de croisière et faire du commerce électronique une
réalité au Maroc''. Azeddine El Mountassir Billah
ne cache pas sa satisfaction quand au premiers résultats
de son entreprise.
Dans
l'intervalle de quelques semaines, deux plates-formes d'envergure
seront mises en place. Il ne s'agit pas d'entreprises spécialisées
dans la vente à distance (VAD), mais de simples administrations
publiques. En effet, d'une part, il y a l'administration de la
conservation foncière et d'autres part, la Caisse nationale
de la sécurité sociale. C'est une réalité
qui semble paradoxale, puisque l'administration, connue pour son
conservatisme, est la première au Maroc à se lancer
dans le e-business.
Selon
le directeur général de Maroc Telecommerce, ''ces
deux projets présentent l'avantage de montrer que l'e-commerce
n'était pas seulement une notion abstraite''. Ce sont ces
deux projets qui ont permis en effet de franchir le Rubicon. Le
terrain se devait d'être balisé pour passer de l'abstrait
vers le concret, explique-t-il. A présent c'est fait.
Azeddine
El Mountassir Billah explique que le développement de l'e-business
peut être comparé à celui de la téléphonie
mobile. Au début, le portable était pour les hommes
d'affaires uniquement. Une autre comparaison peut être tentée
avec un produit comme le paiement avec la carte bancaire. Pourtant
ils ont fini par des produits accessibles à la majorité
des marocains. Il en sera de même pour le commerce électronique
et l'administration contribuera à la mise en place à
cette culture.
Avant
ces deux entreprises, il y avait la douane à la tête
de laquelle se trouvait Abderrezzak Moussadeq. A cet homme qui
passe pour être un de ses proches, le premier ministre a
confié le ministère délégué
chargé des affaires économique et de la mise à
niveau. C'est dire qu'après les trois premières
e-administrations, il ne serait pas étonnant qu'il y ait
rapidement, une quatrième ou une cinquième. Il est
temps pour les entreprises privées de sortir définitivement
de l'ombre.
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