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Tech Magazine
Juillet / Août 2001
N° : 6
Rubrique : Exportation de savoir faire
Par : Y.L.
Maroc
Telecommerce
LE PRECURSEUR DU E-COMMERCE
La
grande léthargie va enfin céder la place au dynamisme. La plate-forme
du commerce électronique développée par Maroc Telecommerce est
fin prête. Et des entreprises s’y sont d’ores et déjà adossées
pour lancer leurs sites marchands. La seule zone d’ombre se situe
au niveau des prix.
L’an I du commerce électronique a finalement sonné. Comme prévu,
c’est la société Maroc Telecommerce (MTC) qui vient de lancer
son offre de e-commerce en direction des entreprises.
En fait, l’offre de MTC se veut transversale. De la conception
du site jusqu’à sa sécurisation en passant par son hébergement,
MTC ne se contente pas seulement de l’intermédiation électronique
mais aussi de la mise sur pied des sites marchands. Ces derniers
devront s’acquitter d’un prix mensuel d’abonnement : 2.500 DH.
Ces prix tiennent comptent de l’ampleur de l’investissement (20
millions de DH) alloués au développement de cette plate-forme
et donc à l’amortissement des dépenses. De plus, une commission
sur le chiffre d’affaires est également prélevée. Elle est de
2,5 % pour les biens matériels et de 4% pour les biens immatériels
(logiciels et abonnement aux services en ligne). Au préalable,
le client dépositaire d’un site doit signer un contrat de « paiement
» avec sa banque. Il faut dire que la négociation d’un contrat
de vente à distance avec la banque demande des compétences financières,
voire juridiques. Il faut tout d’abord être attentif au taux des
commissions prélevées, qui va dépendre du chiffre d’affaires mensuel,
de la nature des services et produits distribués. Ainsi, les taux
sont souvent plus élevés sur les micropaiements tels que l’achat
en ligne d’articles de presse. Il faut en outre négocier les délais
de reversement qui peuvent aller de quelques jours à un mois et
plus selon les banques. En France, certains opérateurs sont souvent
liés à un organisme bancaire. Résultat : les sites marchands sont
eux aussi obligés d’ouvrir un compte dans une de ses banques,
s’ils n’y étaient pas déjà clients. Reste que beaucoup d’entreprises
traditionnelles hésitent encore à franchir le pas du commerce
en ligne. Ont-elles raison ? La réponse est non. « S’immobiliser,
c’est régresser ». L’histoire l’a montré. Celle d’Internet aussi.
En France toujours, près de 80% des appels d’offres dans le BTP
peuvent être passés en ligne. Lorsqu’on sait que le coût des processus
d’achat peut être divisé par deux, avec en prime l’accès à des
prix très souvent réduits, on peut se demander pourquoi les entreprises
se privent d’un tel potentiel. Il est certes de bon ton de railler
la nouvelle économie. Pourtant, ses modèles, présentés souvent
de manière caricaturale avec une quasi-disparition de l’idée même
de profit, gagnent de plus en plus de terrain.
E-commerce
: La révolution
L’e-commerce révolutionne l’approche marketing et la relation
avec le client. Le problème se pose différemment selon que l’on
est une entreprise virtuelle, qui s’est créée sur la base d’Internet
pour se développer ou si l’on existe déjà et que l’on cherche
à développer un service commercial sur Internet. Une chose est
sûre en tout cas. Le commerce électronique permet de réduire les
cycles de vente et le temps pour passer de la conception à la
production. Mais la clé de l’efficacité est souvent la possibilité
offerte par les entreprises d’accéder directement en permanence
à leur site.
Par ailleurs, le coût d’investissement global d’une démarche cybercommerciale
est élevé. Croire que le réseau mondial est un moyen peu onéreux
de toucher de nouvelles clientèles est un leurre. Il ne suffit
pas de concevoir un site, il faut aussi inclure le coût du marketing,
du back-office, de la logistique.
Explication : ce sont quatre raisons qui expliquent la place allant
grandissante des modèles Internet. Il s’agit des gains de productivité,
des coûts fixes, une nouvelle organisation industrielle et des
business models inédits. Une première chose est certaine : la
baisse du prix des équipements liés aux nouvelles technologies
de l’information et de la communication (NTIC) rend le coût du
capital plus faible. Dans la nouvelle économie, où l’intensité
capitalistique est particulièrement élevée, ceci permet d’accroître
des gains de productivité grâce à des coûts d’investissement moindres.
On le voit, bien au-delà des incidents de parcours, la nouvelle
économie porte en elle les germes de transformations très profondes
des comportements des entreprises. D’ailleurs, les chiffres en
témoignent. Les ventes en ligne vers les particuliers ont crû
de 615% aux Etats-Unis entre 1997 et 1999, selon un rapport du
cabinet d’études eMarketer. Le rapport révèle en outre que le
nombre d’acheteurs en ligne augmentera à un rythme de 20% par
an d’ici à 2002, et que les dépenses moyens annuelles effectuées
par chacun d’entre eux passeront de 479 $ (environ 4.790 DH) en
1999 à 976 $ dans trois ans.
Au Maroc, on devrait attendre encore un peu. Le temps que les
chateurs invétérés cèdent leur place dans les cybercafés aux entreprises
désireuses d’écouler leur stock via le Web.
Dossier
exportation de savoir-faire
-Réglementation-
Le Maroc ne dispose pas de cadre juridique en matière de protection
des données personnelles. Mais ce n’est pas parce qu’il n’y a
pas une réglementation que l’immobilisme régnera. L’accroissement
de la monétique au Maroc dans des conditions similaires l’a bel
et bien montré. La base juridique du paiement électronique serait
donc le DOC (Dahir des Obligations est des Contrats) entre les
deux parties signataires d’un contrat de paiement électronique.
L’offre de MTC a d’ores et déjà provoqué un petit effet boule
de neige. Plusieurs entreprises mettront en ligne leurs sites
marchands en s’appuyant sur la plate-forme de Maroc Telecommerce.
D’abord, la société Leatistyle ouvrira sa galerie de vente de
produits de décoration en poteries, des statuettes et des accessoires.
Ensuite, la société Fujitsu-Siemens mettra le premier site de
vente de produits informatiques en ligne.
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