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La
Vie Economique
Vendredi 29 juin 2001
N° : 4124
Rubrique : Economie
Par : EL MAAROUFI
Naissance
d’une plate-forme sécurisée de e-commerce
«Maroc
Telecommerce » vient de présenter une plate-forme sécurisée de
e-commerce. Le nouvel opérateur a noué des alliances pour maîtriser
la solution.
La volonté du secteur bancaire marocain de s’inscrire dans la
globalisation via Internet se matérialise mieux à titre individuel
ou associatif limité qu’à un niveau collectif avéré, comme pour
la mise en place d’un centre acquéreur unique, par exemple.
Ainsi, l’initiative du groupe BCP, la BMCI, le Crédit du Maroc,
la Société Générale Marocaine de Banques et la société Intelcom,
en tant qu’intégrateur de solutions, vient d’aboutir à la création
d’une entreprise dédiée au commerce électronique. En un mot, Maroc
Telecommerce, la nouvelle entité qui pèse 20MDH de capital, investit
des domaines comme la création et l’exploitation des sites marchands,
avec des options d’intégration de ceux qui existent, l’administration
d’espaces commerciaux et, bien entendu, l’identification, la certification,
la gestion des paiements ou encore des services marketing…
A plus longue échéance, l’opérateur ambitionne de mettre à la
disposition du marché des boutiques agréées où il sera possible
d’effectuer toutes sortes de paiements sans avoir à subir les
longues queues pour le consommateur et d’épargner aux entreprises
et aux banques la gestion des règlements par chèques ou virements
avec tout ce que cela induit comme gain de temps et coûts de paperasserie.
Cela peut aussi bien concerner la facture d’énergie, de téléphone…
par le biais de cartes prépayées, par exemple.
Mais si cela peut paraître futuriste, dans le contexte actuel
(vu le faible taux de bancarisation au Maroc ou encore la carence
en matière d’offres de produits bancaires), le champ d’action
d’une telle entreprise peut aller de la création d’une vitrine
jusqu’au traitement des transactions commerciales sur Internet.
Pour ce faire, le nouvel opérateur s’est appuyé sur des partenaires
technologiques internationaux tels que Openmarket (fournisseur
des solutions), Verisign (autorité dans le domaine de la certification)
et Cisco (pour la mise en place d’un réseau sécurisé). En effet,
toute transaction commerciale doit présenter aussi bien pour le
consommateur que pour le commerçant des garanties sur les produits
achetés ainsi que pour les paiements en ligne. Sur le plan national,
l’opérateur est entrain de finaliser des alliances pour des produits,
des services et des offres promotionnelles, commerciales et de
services.
Ainsi, Maroc Telecommerce veut se placer sur trois créneaux :
la vente des biens matériels ou non, la gestion et la sécurisation
des paiements par cartes bancaires et l’approvisionnement.
Concernant ce dernier point, le D.G de l’entreprise fait valoir
les résultats d’une étude menée en France et qui fait ressortir
qu’ à chaque opération qui a comme support le papier, entre le
bon de commande et la réception du produit, il a été dénombré
17 tâches avec tout ce que cela suppose comme mobilisation du
personnel et frais ( sur une opération de 1.800 FF, on arrive
jusqu’à 800 FF de prix de revient). Dématérialisée, la même opération
est réduite à 6 tâches et avec un coût sans commune mesure.
A propos de coûts, les services de Maroc Telecommerce ont un prix
qui se ventile en un abonnement de 2.500 DH et 2,5% de commissions.
Cela n’exclut pas, bien entendu, des contrats négociés selon l’envergure
des marchés. Mais que fait l’opérateur de commerce électronique
du vide juridique au Maroc pour ce qui est de la preuve électronique
et de l’absence de la réglementation en matière de cryptage, par
exemple ? La réponse de M. El Mountassir tient en peu de mots
: « oui, nous savons que nous allons un peu plus vite que la
charrette. Mais ajoute t-il en substance, il faut avancer pour
préparer le terrain où la loi aura à se déployer ».
Et puis, n’est il pas vrai que les cartes de paiement et de crédit
qui sont entrées dans les mœurs au Maroc (20 milliards de DH transitent
annuellement par les TPE ou les GAB) n’ont été implicitement reconnues
que depuis 1996.
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