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Le
MATIN
18 mars 2003
N° 11 744
Par
: Amale DAOUD
Caisse Nationale de sécurité sociale à
l'heure des NTIC
La
télédéclaration est opérationnelle
Les
entreprises affiliées au régime de sécurité
sociale pourront désormais procéder à leurs
déclarations de salaires via Internet grâce à
la mise en service par la Caisse nationale de sécurité
sociale (CNSS) du portail Damancom.
Présenté comme " le premier portail interactif
du service public ", Damancom répond aux attentes
de la CNSS d'une part et des affiliés et immatriculés
de l'autre.
D'abord grâce à l'information disponible au niveau
du site. Toute personne intéressée peut, en effet,
y trouver l'ensemble des informations relatives à la sécurité
sociale au Maroc. Cela répondait à la fois aux besoins
d'informations exprimés durant de longues années
par les affiliés et immatriculés et permettait à
la CNSS, de façon nettement plus pratique, de satisfaire
cette exigence, somme toute légitime, des ayants droits.
Le portail, pour les responsables de la CNSS, est " mis en
place dans le cadre de la stratégie de services à
ses assurés et affiliés.. Il propose un premier
espace dédié à l'information ".
Ensuite, le portail propose une offre de services en ligne afin
d'aider à la simplification des démarches administratives.
Un système de télédéclaration est
ainsi mis en place. L'affilié et l'immatriculé (la
distinction dans ces deux cas de figure est faite entre une personne
et une société) pourront procéder à
une seule déclaration normalisée. Finies donc les
lourdeurs administratives de taille. Du moins pour les entreprises
qui procéderont dorénavant de la sorte. Car si ce
système de télédéclaration est mis
en place, il reste facultatif.
Pour M. Mounir Chraïbi, directeur général de
cet important organisme social qui s'apprête par ailleurs
à investir de nouveaux chantiers tels que la gestion de
l'assurance maladie obligatoire, la nouvelle procédure
permettra indéniablement un gain aussi bien au niveau de
la gestion que du temps. La procédure manuelle, de par
les lenteurs engendrées notamment à cause de la
saisie, a souvent été à la base des retards
très important enregistrés en matière de
versement des allocations ou des retraites.
Trois types d'obstacles se posaient : la fiabilité des
saisies (faites manuellement et donc ayant un pourcentage d'erreur
plus élevé), la qualité de service (elle
laissait à désirer) et la lourdeur du processus
(qui obligeait également la CNSS à maintenir une
logistique importante). Pour le directeur de l'institution, l'importance
est encore plus grande puisque l'initiative entre " dans
le cadre de la modernisation de l'administration et de l'économie
placée au rang de priorité du nouveau gouvernement
".
La télédéclaration répond donc à
un souhait de modernisation. Elle est aussi une façon de
minimiser les coûts puisqu'elle permet un gain de temps
non négligeable. Pour la CNSS, le système actuel
en vigueur génère des dépenses de l'ordre
de 13 MDH par an versés par la CNSS à la poste.
La réussite du nouveau processus permettra de réaliser
des économies à ce niveau.
Dans une seconde étape, le télépaiement devra
devenir effectif. Les entreprises pourront par le biais d'Internet
payer leurs cotisations. Actuellement, 1 000 entreprises assurent,
à elles seules, la moitié des ressources de la caisse
alors que cette dernière compte 100 000 affiliés.
C'est dire !
Le recours à l'outil informatique (le marché a été
remporté, suite à un appel d'offres, par le groupe
Prologue Software, association entre Maroc Telecommerce et ASP
One) s'avère être une nécessité dans
le contexte global de la modernisation économique et d'intégration
à l'espace européen.
Pour plus d'efficacité et une plus grande compétitivité,
les entreprises se trouveront dans l'obligation d'y recourir.
Il faut toutefois souligner que le système manuel continuera
à exister. D'abord parce que beaucoup d'entités
ne disposent pas encore des moyens matériels pour en faire
abstraction. Ensuite parce que le procédé manuel
pourra continuer à faire figure de " système
de secours ".
Sur le plan juridique, la déclaration faite par le biais
d'Internet sera, en cas de problème, renvoyée vers
le fonctionnement de la Caisse. C'est du moins ce que prévoit
le Dahir relatif au fonctionnement de la caisse.
Et à ceux qui considèrent que cette informatisation
n'est pas une priorité, M. Chraïbi répondra
: "Si la réponse aux exigences des affiliés
et un meilleur service ne sont pas des priorités, où
se trouve-t-elle alors ? ".
Une façon aussi de rappeler que les défaillances
au niveau de l'accueil et du service ont été, pour
une large partie, à l'origine des mécontentements
des affiliés.
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